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Samedi 5 Janvier 2013

Je sens que quelque chose se passe en ce moment. La semaine a passé et je suis allé au dojo tous les jours. Cela a été simple. Rien de forcé. Pendant cette semaine, des couleurs très différentes sont apparues. Je découvre la pratique véritablement assidue et cela me semble normal, rien d’extraordinaire. Cela développe le désir de creuser. Comme lorsqu’on est sur un bateau. Aller plus loin en mer. Ne plus voir la rive. Aller vers un horizon, en sachant que l’horizon sera toujours là, au loin, jamais atteint.
Sur les tatamis, la sphère se rétracte, s’ouvre, se rétracte à nouveau. Fermé, puis ouvert. Mon maître passe près de moi. «La sphère est trop petite». J’ouvre aussitôt. «Voilà. Maintenant, il faut le faire par toi-même». Mon partenaire est trop rapide, en force, trop brouillon. Je peine à trouver avec lui. Pourtant, c’est quand c’est difficile comme cela qu’il faudrait faire le choix d’ouvrir radicalement. Je n’y arrive pas pour l’instant.
Conscience très nette de l’étroitesse de ma sphère. Je reviens au centre. Je fais quelques mouvements seuls à la fin de la séance. Cela a l’air d’aller. Bien obligé de reconnaître que je ne sais toujours pas le mode d’emploi. Mais dans le même temps, obligé de reconnaître également que la passion est intacte. Je suis profondément heureux, à défricher mes terres, à m’arrêter au beau milieu des sillons creusés avec les doigts, et respirer, juste respirer à l’unisson de quelqu’un d’autre.
Je suis parti en mer sans passion. Je suis maintenant au large et aucun désir de revenir en arrière. Au contraire. Besoin de ne plus voir la rive.
La musique magnifique du film «nostalgie de la lumière» tourne en boucle pendant que j’écris ce journal. Je repense à la discussion que j’ai eu avec mon maître après la séance. La continuité est une aventure. Elle nous ouvre sans cesse de nouvelles portes. J’en ai eu la preuve cette semaine. Alors il n’y a finalement pas grand chose à dire, mais avancer et polir son écoute du monde, des autres et de soi.