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YAN ALLEGRET AUTEUR
" Il existe,
de mon point de vue, deux manières de pratiquer le sabre
en Aïkido.
La première consiste à raisonner et à agir
en termes binaires : esprit ou corps, victoire ou défaite,
fort ou faible, vivant ou mort. L'ennemi est en face de moi.
Je le reconnais comme ennemi et comme ennemi seulement. Je dois
lui imposer ma volonté à travers la guerre. Le
sabre devient un instrument de mort par lequel j'assure ma survie.
La seconde voie repose sur la nuance et sur la respiration. Corps
et esprit ne sont pas désunis, les notions de fort et
de faible disparaissent. Les forces de vie et forces de mort
tendent à se réconcilier car elles reconnaissent
qu'elles habitent le même corps. Mon regard file au-delà
de l'homme qui me fait face. Et pendant que toute l'agressivité
qu'il met dans son attaque glisse sur moi, je le saisis pour
l'emmener regarder avec moi le ciel, l'arbre et enfin le sol.
Le sabre devient alors un révélateur de soi et
du monde, démasquant les faux-semblants, indiquant une
voie dans laquelle l'idée de combat prend un autre sens,
celui d'un horizon poétique à construire au-delà
de la brutalité.
Notre société fonctionne majoritairement sur le
premier modèle. La mainmise de l'économie sur le
politique, l'idée de sélection comme loi omnipotente,
l'obsession de la compréhension, le fantasme de la santé
perpétuelle, la négation collective et hystérique
de la mort, tout cela nous accule, et nous dirige vers un état
de diminution toujours accru. On cherche des moyens de résistance,
mais la confusion nous prend. Tous les aspects de la vie semblent
être compartimentés et dirigés par les mêmes
règles. On renonce alors. On dit qu'on va se reposer et
l'on se tait; mais on entretient secrètement l'idée
d'une résistance qu'on a sentie possible mais dont on
a pas trouvé le corps.
Justement, l'écriture me paraît être un corps
possible. Parce qu'elle ne se négocie pas. Parce qu'elle
échappe au corps social. Parce qu'elle a, à l'instar
du sabre, cet étonnant pouvoir de révélation.
Elle révèle le monde, elle nous révèle,
que ce soit dans nos forces ou nos fragilités. Elle n'est
pas, comme je l'entends parfois un moyen d'évasion ou
d'oubli. Elle est une force de résistance, de combat,
une arme pour défaire les faux-semblants et dans le même
temps un outil pour faire vivre une poétique au-delà
des contingences, une poétique qui parle de ce que nous
sommes, de ce que nous sommes vraiment, et dans laquelle la notion
d'affrontement est transcendée."
Notes
sur atelier d'écriture. 2004
2003 " Ils tracèrent des chemins sans direction
vers la nuit de leur corps " Théâtre /
Création en 2003 à la Ferme du Bonheur (Nanterre),
mise en scène : Clyde Chabot
" Projet Solo " Théâtre.
Création par l'auteur en Janvier 2004 au Forum Culturel
de Blanc Mesnil.
2002 Yan Allegret est auteur associé au Forum Culturel
de Blanc Mesnil
" Elle respire encore " Théâtre,
texte publié aux éditions Gare au Théâtre
" Solo. Etape 1. I Will Die when you go away "
Théâtre
2001 " Face à Face : la nuit des corps
" Théâtre, commande de la Cie La Communauté
Inavouable / Création en 2001 à Pô (Brukina
Faso), mise en scène : Clyde Chabot
" Les après-midi aveugles " Théâtre
" Monstre(s) " Récit, commande du Festival
Opening Nights 3 (Marseille) / Création en 2003 pour le
Festival, mise en scène : Michel Cerda
2000 " Rachel " Théâtre
" Cet étrange devoir du bonheur " Théâtre
/ Création à Gare au Théâtre, mise
en scène : Clyde Chabot
1999 " Jouer du Piano Ivre " Théâtre
1998 " A Few moments of no Consequence "
Théâtre, commande du Festival International de Théâtre
Universitaire "Les Comédiantes"
Création au Centre d'Art et d'Essai de Mont Saint Aignan,
mise en scène : Patrick Vershueren et Christophe Grégoire
1997 " La Chanson de la Main " Théâtre,
publié dans la revue "Réseaux de conduite"
en 1998, commande de la compagnie La Communauté Inavouable
/ Création en 1998 à la Comédie de Caen,
mise en scène : Clyde Chabot
" Vermisse Dich " Théâtre
YAN ALLEGRET METTEUR EN SCENE
" La première
notion qui me viendrait en tête pour définir la
mise en scène serait celle du retrait. Le retrait comme
première condition d'apparition d'une poétique.
Mais aussi le retrait comme écho de la dépossession,
condition permanente qui traverse cette place.
Par retrait, j'entends aussi le terme de " passeur ":
celui qui met en relation des gens, des outils, qui les place
en perspective avec un texte, celui qui doit inventer pour chaque
membre de l'équipe un chemin de travail spécifique,
approprié à chaque sensibilité. Apporter
les bons matériaux aux bons moments. Aiguillonner. Aider
le dépassement. Mettre en mouvement l'imaginaire. Placer
chaque acteur en position de créateur. Mettre en scène
est avant toute chose un travail d'écoute (des gens, du
temps, du texte, de l'invisible qui circule en permanence).
Il ne s'agit pas d'un travail d'affirmation. C'est un travail
de révélation (entendre cela tant en termes techniques
qu'en termes sacrés). L'affirmation de mon point de vue
n'est faite que pour apporter un surplus de réalité
à une existence. Et en ce qui concerne mon travail, ce
que je cherche existe déjà. Mais caché.
Mais enfoui. Mais tu. Alors, mettre en scène consiste
à construire, patiemment, avec les acteurs, un cadre,
un terrain propice à l'apparition ou à la ré-apparition
de cela, en eux, en moi, en leur langue, sur le plateau, dans
la lumière le silence et le son, dans le lien tendu chaque
soir avec les spectateurs. "
Notes
de travail. 2002
2004 Création de " Projet solo "
au Forum Culturel de Blanc Mesnil
2003 Re-création de " Rachel "
au Festival d'Almada (Portugal)
Création de " Ce que nous sommes " de
Laurent Parry et Luc Taramini au Forum Culturel de Blanc Mesnil
2002 Création de " Elle respire
encore " à Gare au Théâtre
Mise en espace de " Solo. Etape 1 : I Will Die when you'll
go away " au Festival " Nous n'irons pas
à Avignon " (Vitry-sur Seine)
2001 Lecture-concert de " Monstre(s) "
à l'Astronef (Marseille), au Théâtre Vitez
(Aix-en Provence), au Centre Culturel de l'Estaque (Marseille),
au Forum Culturel de Blanc Mesnil, au Festival " Contre-courants
" (Avignon)
2000-2002 Création de " Rachel "
au Festival " Nous n'irons pas à Avignon ".
Festival " les Informelles ", Théâtre
des Bernardines (Marseille), Festival " Acteurs, acteurs
" (Tours), Théâtre l'Astronef (Marseille)
1999 Création de " Jouer du Piano Ivre
" à la Boîte à Jouer (Bordeaux)
1998 Lecture de " Vermisse Dich " aux
"Inédits" du Centre International de Poésie
de Marseille avant sa création par l'auteur au Théâtre
Éphéméride (Val de Reuil)
YAN ALLEGRET ACTEUR
Parallèlement
à ses activités d'écriture et de mise en
scène, Yan Allegret participe en tant qu'acteur à
plusieurs projets et mises en scène de Clyde Chabot
au sein de la compagnie La Communauté Inavouable (Hamlet
Machine d'Heiner Muller, Un peu de poussière de
chair, la nuit), de Mathieu Cipriani (Prométhée
enchaîné d'Eschyle, Guerre au Château,
Paix aux chaumières), de Louis Dieuzayde (
Philoctète d'Heiner Muller), d'Yvan Dmittrieff
(Le cas Gaspard Meyer de J-Y Picq) et Franck Dimech
(Les Bacchantes d'après Euripide, Roberto Zucco
d'après Bernard-Marie Koltès, Lagartos)
et de François Michel Pesenti (Several Species
of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave and Groowing
with a Pict).
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