Lundi 21 Janvier 2013

Il n’y a pas grand chose à dire. Il n’y a pas à discourir sur la pratique. Elle est traversée.
Ce matin, je marche dans une neige qui commence à fondre. L’oranger des réverbères se marie bien avec le blanc du sol. Ma partenaire est attentive, un peu serrée au niveau des épaules, mais cela passe. Plutôt bien d’ailleurs. En marchant pour arriver au dojo, je me disais «absent et ramassé en soi». Absent et en même temps, dense à l’endroit du centre, d’un soi-même qui serait: ce qu’il reste de moi. Effectivement, ce quelque chose qui reste est stable, n’a pas de peine à s’ouvrir, à prendre de l’ampleur. Il faut laisser tout tomber jusqu’à ce qu’il se montre. Mais il faut également s’absenter de soi-même. En cette période d’hiver, on aurait plutôt tendance à rajouter des couches pour ne pas avoir froid. C’est l’inverse qu’il faut faire. Je marche sur un fil. La fin du projet Neiges m’a laissé tantôt béat, tantôt au fond du gouffre. J’ai besoin de calme et de continuité.
C’est pourquoi cette séance me touche. Aucune intensité démesurée aujourd’hui. Une de ces séances qui procure un plaisir profond, parce qu’aucune vague, aucun tourbillon ne se sont manifestés. Cela avance tranquillement, sans être ni mou, ni aveuglé par une sorte d’habitude. J’ai plus de facilité à voir comment me positionner par rapport à ma partenaire. Plus léger, plus joueur et en même temps, il me semble, plus précis.
Je participe à une démonstration avec mon maître. Je dose l’énergie de l’attaque en fonction de ce qu’il induit. Induire. Induire de par sa posture, sa respiration, un certain type de lien à l’autre. Pas de soumission, pas de contrôle. Pas de pouvoir à dire vrai. Induire. Induire un certain réel. Là où s’arrête le discours, commence le vrai travail.