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"Projet Hanamichi"
"Dans le cadre de la résidence à la villa Kujoyama (Japon) de Yan Allegret courant 2006".
Le projet « Hanamichi » que je présente est un projet d'écriture, qui débouchera sur une création théâtrale franco-japonaise. Je souhaite partir à Kyoto écrire un texte de théâtre autour de la notion de combat, en m'inspirant de la pratique martiale, et du rapport spirituel et sacré qu'entretient le Japon avec les disciplines d'affrontement. La représentation réelle
de l'affrontement m'a toujours intéressé. Que ce
soit dans des formes sportives, martiales ou rituelles. Assister
à un combat, c'est être face à des forces
primaires de vie et de mort, à la fois symboliques et
réelles. C'est être face à une violence qui,
en s'incarnant, agit comme exutoire de notre violence propre. Mon intérêt pour les disciplines de combat est à la fois celle d'un spectateur, d'un pratiquant, et d'un écrivain. Spectateur de toutes les disciplines de combat depuis quinze ans. Depuis dix ans, la pratique de l'Aïkido m'a permis d'accéder à une dimension plus profonde de l'affrontement, qui relie le corps et l'esprit, et qui dépasse la notion de victoire ou de défaite. J'ai, depuis deux ans, amorcé
un cycle de travail autour de l'affrontement. C'est ce lien entre affrontement et sacralité qui m'engage aujourd'hui à poursuivre ce cycle de travail au japon. Parce que l'affrontement y est envisagé différemment. Que ce soit dans la tradition à travers le sumo ou les arts martiaux, ou bien dans la modernité à travers les formes de combat libre, la culture japonaise pense le combat avant tout comme une voie, et non une compétition ou un sport. Les disciplines qu'on appelle arts de la voie, notamment l'Aïkido, le Iai-do ou le kyudo, illustrent bien cette différence. L'instant de l'affrontement ou la réalisation d'un acte ne sont que les manifestations visibles et matérielles d'un trajet beaucoup plus profond, plus long et plus secret. C'est ce rapport entre visible et invisible vu à travers le prisme du combat qui sera le fondement de mon écriture. Au Japon, je mènerai un
travail d'imprégnation et de confrontation à la
réalité des arts du combat. Le texte que je veux écrire
sera le récit d'un combat. Il prendra la forme d'une épopée
dans laquelle combattront des hommes, des forces de la nature
et des dieux. Les cinq mois de résidence
me permettront d'écrire le texte et de nouer des contacts
professionnels pour monter la production qui s'en suivra, qui
impliquera une distribution franco-japonaise. |